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Témoignages du Dr Anne de Kervasdoué
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Gynécologue à Paris

 

Le jour où j’ai reçu un fax m’informant de la prochaine mise sur le marché d’un calice hygiénique permettant d’uriner debout, j’ai cru à une blague... mais quand le laboratoire ASEPSYS m’a présenté ses recherches, j’ai été convaincue de l’intérêt d’URINELLE. Il fallait y penser !

Je vois à cette solution proposée un triple intérêt :
Le côté pratique : il est évident.
Quand dans les toilettes publiques, manteau relevé sur le dos, sac en bandoulière, jupe soulevée ou pantalon retenu à la main, collants et slip abaissés, il faut uriner, en flexion tendue sur les jambes, à quelques centimètres de la cuvette sans l’effleurer, ni arroser ses vêtements, ni faire traîner son pantalon sur un sol rarement immaculé, on réalise l’inconfort vécu par la moitié de la population...

En ce qui concerne les analyses d’urine, cela paraît si simple que je me demande pourquoi on n’y a pas pensé plus tôt.
Le confort psychologique : au terme d’un diagnostic d’infection urinaire ou gynécologique, nombre de femmes s’interrogent sur son origine et évoquent immédiatement avec une certaine angoisse, à tort ou à raison, un passage “imprudent” dans les toilettes publiques. Elles m’en font souvent part. C’est un peu comme si se réveillaient dans leurs souvenirs de petite enfance les conseils mille fois répétés de leur mère (“ne t’assoie jamais sur le siège, sous peine d’attraper une maladie très grave”)
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Cet accessoire hygiénique va rassurer les femmes soucieuses - voire phobiques - de l’hygiène, (c’est à dire les 9/10ème) et éviter les angoisses que certaines ressentent à posteriori quand elles n’ont pas pris de précaution.

Un intérêt médical indéniable : au même titre que les serviettes hygiéniques jetables ou les tampons, URINELLE est un progrès, une nouvelle acquisition pour l’hygiène des femmes. Le contact direct avec un objet potentiellement souillé est évité, les mains restent propres et sèches ; le dégoût et la peur de la contamination sont balayés. Munie de son petit étui, libérée de ses craintes et contraintes, la femme se sentira plus libre et indépendante.

URINELLE va contribuer à limiter la contamination infectieuse.
Celle-ci est difficile à évaluer précisément. Elle est certes moins importante que par voie sexuelle mais elle est réelle, on le sait. Certains germes, en effet, survivent quelques temps en milieu humide, en dehors de la peau et des muqueuses. La transmission s’effectue par voie périnéale à partir des selles, des urines ou autres sécrétions infectées. Des articles ont été publiés sur ce sujet, mettant en évidence des cas avérés de contamination par le trichomonas vaginalis, les entérovirus responsables des gastroentérites, le virus de l’herpès, sans parler des petites bêtes fort déplaisantes que sont la gale, extrêmement contagieuse, ou la phtiriase du pubis, encore appelée “Poux du corps”. L’infection par le gonocoque est plus rare, car c’est un germe fragile, mais elle a été démontrée.

Grâce à URINELLE, l’interprétation des examens d’urines sera plus fiable.

Lors du recueil d’urines, on demande aux femmes, après s’être nettoyées et rincées, de laisser partir le premier jet et seulement ensuite d’uriner dans le flacon stérile... sans le faire déborder ! Cela suppose une maîtrise des sphincters concernés - que toutes ne possèdent pas - quelques acrobaties, des doigts souvent arrosés et un recueil effectué dans de mauvaises conditions.

Par ailleurs, les 28 % de femmes qui urinent en premier lieu dans un récipient plus grand, à l’évidence non stérile, faussent les résultats qui font apparaître ce que l’on appelle des “souillures”.
En effet, pour affirmer une infection urinaire, il faut la présence d’au moins 100 000 germes.
Chez ces femmes, en supposant qu’elles n’aient pas d’infection réelle, on pourra découvrir mille ou dix mille germes et des urines troubles, et semer le doute chez le médecin tenté de prescrire des antibiotiques à sa patiente.

URINELLE va jouer un rôle sur l’incidence des infections urinaires.
Cette fois, il ne s’agit pas de contact direct mais d’un mécanisme physio -pathologique indirect.
L’infection urinaire est extrêmement fréquente chez la femme. Rares sont celles qui n’en connaissent pas les symptômes. La femme éprouve alors un besoin fréquent et impérieux d’uriner, même pour quelques gouttes, une douleur de type brûlure en urinant et une sensation de gêne quasi permanente dans le bas ventre. Cette infection peut parfois provoquer une pyélonéphrite, gravissime dans certains cas.

Or pour éviter ou enrayer une infection urinaire débutante, on conseille justement aux femmes de boire abondamment (environ 1,5 litre/jour), d’uriner régulièrement dans la journée dès qu’elles en éprouvent le besoin, et surtout de ne pas se retenir. Cela favorise la stase et la colonisation des germes dans les urines.

Pour les chasser, il faut donc boire et uriner souvent.

On voit tout de suite l’intérêt d’URINELLE pour changer l’attitude de près de la moitié des femmes qui se retiennent pour éviter les toilettes publiques ou qui se forcent à ne pas boire dans certaines circonstances, comme les voyages par exemple.

Au-delà de cet aspect pratique évident, URINELLE devrait utilement modifier le comportement mictionnel des femmes et les encourager à suivre les conseils hygiéno-diététiques essentiels prodigués par la Médecine.

Il faut boire pour faciliter le travail des reins, pour éliminer les toxines, pour ne pas favoriser la formation de lithiases rénales (responsables de coliques néphrétiques) ou d’infections sans s’être au préalable “retenue” à plusieurs reprises.
Les chiffres sont éloquents.

Ce nouveau calice hygiénique va libérer physiquement et moralement bien des femmes et je pense en particulier à :

  • toutes celles qui ne peuvent utiliser les toilettes privées dans la journée,
  • celles qui souffrent de cystites et doivent uriner, même pour 3 gouttes,
  • celles qui sont gênées par une incontinence urinaire (et elles sont des millions de tout âge) qui se contraignent à aller souvent aux toilettes pour éviter les fuites lors d’un effort (I.U.E) ou pour répondre aux besoins impérieux de leur vessie devenue instable (I.U par instabilité vésicale),
  • celles qui sont enceintes, amenées à utiliser les toilettes plus fréquemment et dont l’état de grossesse ne permet pas d’acrobaties
  • celles qui sont âgées et n’ont plus la force nécessaire pour rester en flexion,
  • et enfin, tout simplement, à celles qui, par besoin ou hygiène, boivent beaucoup.


* Auteur de “Questions de femmes” 1996 et “Les femmes ne sont pas des hommes comme les autres “ 1997
- Editions Odile Jacob